Traitement nutritionnel de l’hypertension

Hubert Cormier

Hubert Cormier

14 Novembre 2018

Souvent asymptomatique, l’hypertension est une condition de santé discrète qui a des effets néfastes sur la santé à long terme. Penchons-nous sur l’aspect nutritionnel du traitement contre l’hypertension qui a un impact important sur la diminution de la pression artérielle et ainsi sur la prévention des maladies cardiovasculaires.

Définition de l’hypertension 

L’hypertension est une élévation de la pression artérielle systolique et/ou diastolique qui est, dans la plupart des cas, dite primaire ou, dans moins de 5% des cas, qui peut être engendrée par une autre condition de santé comme une maladie rénale. Outre l’âge, plusieurs facteurs tels que le poids, l’hypercholestérolémie, l’alcool, un apport élevé en sodium, certains médicaments, le stress, la grossesse, le diabète et d’autres maladies prédisposent à l’hypertension artérielle.

Cibles de traitement 


Un traitement pharmacologique est instauré aussitôt que les cibles de pression artérielle ne sont pas atteintes.

Conséquences de l’hypertension artérielle 

L’hypertension artérielle non-contrôlée aura de multiples effets néfastes sur la santé. Premièrement, cela engendrera des dommages au niveau des parois des artères du cœur, du cerveau, des reins, de l’abdomen, des jambes et des yeux. Cela augmentera le volume du cœur et l’insuffisance cardiaque et cela accélèrera le durcissement des artères. Les dommages au niveau des artères pourront entrainer des maladies coronariennes, de l’insuffisance rénale, la perte de la vue, la démence vasculaire, des anévrismes, des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et une diminution de l’apport sanguin au cerveau.

Saviez-vous que… Selon Santé Canada, on estime que si l’apport quotidien en sodium diminuait de 1840 mg par jour/par personne au pays – pour atteindre les recommandations actuelles évaluées à 1500 mg/jour, la prévalence de l’hypertension artérielle chuterait de 30%.


Le traitement nutritionnel de l’hypertension artérielle 

Le traitement nutritionnel de l’hypertension, quant à lui, vise quelques buts distincts :

1. Diminuer son apport en sel

Visez une consommation de sodium de 1500 à 2300 mg de sodium ou moins par jour. Ceci contribuerait à réduire la pression artérielle systolique d’environ 2 à 8 mm Hg. Pour y arriver, il ne suffit pas que de cacher la salière. En fait, le sel ajouté aux aliments ne contribuerait seulement que pour environ 11% des apports en sodium. La meilleure attitude à adopter face au sodium dans l'alimentation est de ne pas nier son existence et de l'éviter à tout prix, mais plutôt de réduire son nombre de visite dans les restaurants, de diminuer la grosseur de vos portions - si vous jugez qu'elles sont trop grosses pour vous -, de diminuer la consommation et l'achat d'aliments transformés, ultra-transformés et préparés ainsi que de cuisiner davantage à la maison à partir d'aliments frais. Les pains commerciaux, les viandes transformées, les jus de tomates et de légumes, les soupes du commerce, les plats à base de pâtes, les fromages et les produits laitiers sont les principaux aliments contribuant à l’apport élevé en sodium au Canada.

2. Modérer la consommation d’alcool

Limitez sa consommation d’alcool à 2 consommations/jour ou moins pour les hommes et de 1 consommation/jour ou moins pour les femmes. Ces bonnes habitudes permettraient de diminuer la pression systolique de 2 à 4 mm Hg.

3. Viser un apport énergétique permettant l’atteinte d’un poids santé

Visez – ou maintenez – un indice de masse corporel de <25 kg/m2 ainsi qu’un tour de taille < 80 cm pour les femmes et < 94 cm pour les hommes. Chaque perte de poids d’environ 10 kilogrammes (environ 22 livres) contribuerait à un abaissement approximatif de 5 à 20 mm Hg de pression artérielle systolique.

4. Favoriser la diète DASH

Ce mode d’alimentation comprend beaucoup de fruits et de légumes, de produits laitiers faibles en gras, de fibres alimentaires, de grains entiers, de protéines végétales et peu de cholestérol et en graisses saturées contribuerait à une diminution de 8 à 14 mm Hg de pression artérielle systolique.

5. Une augmentation de l’activité physique

Augmentez le nombre de minutes consacrées à la pratique d’activité physique. Un entraînement de 30 à 60 minutes d’activité d’intensité modérée (marche, jogging, bicyclette, natation, etc.) de 4 à 7 fois par semaine contribuerait à diminuer la pression artérielle systolique de 4 à 9 mm Hg.

6. Vivre dans un environnement sans fumée et sans stress

Sachant qu’une diminution de la pression artérielle de 10/5 (systolique/diastolique) entraîne des avantages significatifs sur le risque de développer des maladies cardiovasculaires, l’acquisition de saines habitudes de vie représente une cible thérapeutique plus qu’intéressante. De petits changements à long terme seront toujours ceux qui auront le plus grand impact sur la santé. Ainsi, si l’atteinte des 6 recommandations nutritionnelles ci-haut vous apparaît comme une montagne, commencez par introduire un ou deux changements que vous conserverez à long terme. Lorsque ces derniers seront bien ancrés dans vos habitudes, d’autres changements pourront être effectués.

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