Est-il possible de prévenir les coups de soleil par l’alimentation?

Hubert Cormier

Hubert Cormier

28 Mai 2020

Il existe un lien étroit entre l’exposition accrue aux rayons ultraviolets, le vieillissement prématuré de la peau et même le cancer de la peau. Au Canada, l’indice UV peut atteindre le niveau modéré à élevé du mois d’avril au mois de septembre. Appliquer régulièrement de la crème solaire sur les parties du corps exposées au soleil, porter des vêtements longs et des chapeaux ainsi que limiter le temps d’exposition aux rayons UV lorsque le soleil est au zénith ne sont que quelques stratégies permettant de protéger la peau contre les effets potentiellement néfastes de cette étoile qui réchauffe nos journées. Qui plus est, de récentes études ont démontré que l’alimentation pourrait jouer un rôle protecteur contre l’exposition aux rayons UV. Faisons la lumière sur le sujet.

Les UVB augmentent le vieillissement de la peau

Les dommages causés à la peau par les rayons ultraviolets, particulièrement ceux de type UVB, peuvent altérer les fonctions et la structure de la peau. Chaque fois que la peau est atteinte par ces rayons, de l’inflammation en découle, altérant certaines fonctions de la peau. Sur le long terme, ces rayons UV peuvent causer un phénomène que l’on appelle le photovieillissement qui endommage le derme et l’épiderme de la peau et rend celle-ci plus épaisse, ridée et foncée. Ces changements dans la structure et la fonction de la peau augmentent également le risque de cancer de la peau. 

Une bonne nutrition pour protéger la peau?

Les aliments fonctionnels

Lorsque la peau entre en contact avec les rayons UV, des radicaux libres sont libérés dans les cellules et peuvent y causer des dommages. Un radical libre est une molécule très instable et réactive qui possède un électron non apparié. Cet électron, en quête de stabilité, n’hésite pas à utiliser les atomes d’oxygène d’autres molécules voisines, ce qui peut être l’un des facteurs responsables du vieillissement prématuré de la peau. Les antioxydants, quant à eux, sont des composés qui peuvent minimiser les effets de ces molécules en contrant leur activité plutôt instable et en diminuant le nombre de radicaux libres présents dans l’espace intracellulaire (à l’intérieur des cellules!), contribuant ainsi à la protection face aux rayons UV.

La vitamine A, la vitamine C, la vitamine E, le sélénium, le zinc et les polyphénols sont tous des micronutriments qui agissent en tant qu’antioxydants. On retrouve la vitamine C dans les légumes et les fruits aux couleurs vibrantes tels que le poivron, le citron, le chou, les fraises, etc. La vitamine E et la vitamine A se retrouvent entre autres dans les œufs et le beurre. Le sélénium est retrouvé dans les poissons, les œufs, viandes et bien d’autres. On retrouve le zinc dans les fruits de mer, la viande, le pain complet, les légumes verts, etc. Finalement, les polyphénols sont présents dans les fruits et légumes, le vin, le thé, et bien plus.

La sphingomyéline

Selon une étude effectuée chez des souris, parue en 2019 dans le Journal of Clinical and Experimental Dermatology, une supplémentation en sphingomyéline serait associée à une diminution de l’altération des cellules de la peau par les rayons UV. Pour expliquer ce phénomène, les auteurs précisent que la prise d’un supplément de sphingomyéline a permis une diminution de perméabilité de la peau se répercutant par une réduction des pertes d’eau au niveau de la peau causées par les rayons UV. Un régime riche en aliments contenant de la sphingomyéline pourrait donc s’avérer protecteur contre les dommages causés par les rayons UV. Les œufs, la viande, les produits laitiers et le poisson sont tous des aliments qui contiennent de la sphingomyéline, qui est en fait une composante des cellules animales. Ces recherches demeurent encore à valider chez l’humain, mais le tout semble très prometteur.

L’hydrolysat de collagène

En augmentant la perte d’eau par la peau, les rayons UV en diminuent son l’élasticité. Cet effet se produit quand la peau est frappée de façon chronique par des rayons de type UVB. Des chercheurs ont indiqué que l’hydrolysat de collagène pourrait être bénéfique pour la protection de la peau contre les dommages causés par le soleil. Ce composé est obtenu en brisant les liens qui entrent dans la composition de la gélatine qui est présente naturellement dans différents tissus du corps tels que les os, le derme, le cartilage et les tendons chez les animaux. Encore une fois, ces recherches prometteuses renforcent le lien entre le photovieillissement de la peau causé par le soleil et une saine alimentation.

Les bactéries et l’acide lactique

Les produits fermentés contiennent de nombreuses bactéries qui ont des effets positifs sur la santé. Des études expérimentales chez les souris ont démontré un effet positif des bactéries lactiques Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus où les auteurs ont observé que le lait fermenté était associé à une augmentation de la réparation des dommages causés à l’ADN par les rayons du soleil. Ces deux espèces bactériennes sont généralement utilisés dans la fabrication du yogourt. On l’obtient en ajoutant ces deux bactéries aux substances laitières afin qu’elles sécrètent de l’acide lactique, favorisant ainsi la coagulation du lait. Il est donc possible que la matrice particulière du yogourt, un aliment fermenté, ainsi que ses divers composés, puissent expliquer, en parties, les effets bénéfiques observés au niveau cellulaire et que sa consommation soit encouragée en prévention du photovieillissement de la peau.

En conclusion, bien que plusieurs études sur le photovieillissement restent encore au stade expérimental, l’inclusion de certains aliments/suppléments à son régime alimentaire semble être une voie prometteuse pour contrer les effets néfastes des rayons UV du soleil. Bien que l’été soit la saison par excellence pour s’amuser à l’extérieur, il ne faut pas oublier que le soleil – et ses rayons – sont présents à l’année, même lors d’une journée froide ou ennuagée. Certains skieurs peuvent même avoir un coup de soleil – aussi appelé érythème actinique – au visage au beau milieu de l’hiver! Il ne faut donc pas oublier de protéger sa peau lors des belles journées hivernales ensoleillées afin d’éviter les possibles brûlures.

Références

  1. Morifuji, M. (2019). The beneficial role of functional food components in mitigating ultraviolet‐induced skin damage. Experimental dermatology, 28, 28-31.
  2. Horiuchi, H., & Sasaki, Y. (2012). Effect of oxygen on symbiosis between Lactobacillus bulgaricus and Streptococcus thermophilus. Journal of dairy science, 95(6), 2904-2909.

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